Echange franco russe | les conférences

PROGRAMME D'ÉCHANGE FRANCO-RUSSE 2020-2021


Afin de développer une véritable coopération franco-russe, l’École Shaninka de Moscou (Russie) et le groupe Echelle Inconnue (Rouen, France) organisent conjointement un programme de recherche en 2020-2021 sur le sujet : « Les étrangers dans la ville : marginalité urbaine et migration. Perspectives post-coloniales et post-soviétiques ».

Dès octobre 2020, des séminaires auront lieu une fois tous les deux mois à Moscou et à Rouen. Chacune des parties proposera des intervenants spécialistes de l’interaction des étrangers avec l’espace urbain. Étrangers, et non migrants, car le premier terme, au-delà d’englober le second, l’outrepasse et l’interroge, ouvrant un espace de réflexion possible sur sa construction et sa figuration : étrangers de l’intérieur comme les Cagots en France ; ou encore, comme les Tziganes et autres populations assimilées, condamnées au statut d’éternels étrangers, fussent-ils présents depuis bien plus longtemps que certaines populations considérées comme locales ou natives.

Les séminaires porteront sur trois axes :

- La construction de la figure de l'étranger dans les paysages socioculturels français et russes ;
- « Mondialisation par le bas » - Pratiques urbaines des étrangers et migrants qui combinent des formes d'imagination culturelle vernaculaires et globales ;
- Dimension esthétique de la (in) visibilité publique des étrangers dans les contextes urbains français et russes.

Programme trimestriel

Nuit Russe : Lancement du programme franco-russe autour de la figure de l’étranger dans la ville


Conférence de Mark Simon : Post-Soviet = ≠ Postcolonial ?


Comment le cadre conceptuel du «colonialisme» permet-il de décrire les relations sociales et culturelles qui ont émergé au cours des dernières décennies de l'URSS ?
Dans quelle mesure le concept de «postcolonialité» est-il applicable à l'espace post-soviétique ?
Qu'est-ce que l’expression «post-soviétique» signifie en termes d'essence de la communication sociale ?
Quelles sont les similitudes et les différences entre le contexte culturel post-soviétique et celui de la France post-coloniale ?

Conférence de Vladimir Malakhov : Les migrants d'Asie centrale dans l'infrastructure culturelle de Moscou : réflexions sur la Marginalité


En ce qui concerne le contexte urbain de l'Europe occidentale, les pratiques culturelles des migrants de l’hémisphère Sud sont souvent discutées en termes d'«altérité» et de «marginalité».
La contribution des migrants au patrimoine culturel des villes hôtes est généralement imaginée à travers la notion «d'hybridité».
La présence d'immigrants du Kirghizistan, d'Ouzbékistan et du Tadjikistan dans l'infrastructure culturelle de Moscou ne correspond guère à une telle description.
Premièrement, il est plus productif de conceptualiser les pratiques culturelles des migrants d’Asie centrale, non pas en termes de diversité, mais en termes de communauté (avec la «culture d’accueil»), étant donné l’héritage soviétique commun. Deuxièmement, l'expression artistique des migrants post-soviétiques est basée sur l'identification à un ordre symbolique hégémonique plutôt que subalterne.
La conférence sera donc consacrée à la contradiction entre le statut social marginalisé des migrants d'Asie centrale et leur auto-présentation dans l'espace culturel public de Moscou.

Date: mardi 13 octobre 2020
Lieu : Echelle Inconnue à 19h
Pour en savoir plus : plus

Conférence de Ekatarina Demintseva : Ville et migrants : l’héritage soviétique et la réinstallation des migrants dans la ville post-soviétique


L'absence de ségrégation urbaine distingue les villes soviétiques des villes occidentales.
La mixité sociale était l'idée principale de la politique urbaine de l'Union soviétique.
Cependant, les chercheurs remettent en question le manque d'inégalités dans les villes soviétiques.
Cette inégalité est associée à la distribution de logements par le biais des entreprises.
Dans les années soviétiques, il y avait des quartiers "d’usine" dans lesquels vivaient principalement les travailleurs.
Et il y avait aussi des quartiers dits "prestigieux", de la nomenclature soviétique.
Cependant, avec l'effondrement de l'Union soviétique, aucun quartier de "migrants" n'est apparu dans les villes.
Selon des études, les migrants dans les villes russes vivent dans tous les quartiers et il n'y a aucun lieu de leur concentration.
Pourquoi les quartiers "des travailleurs", en Russie, ne sont-ils pas devenus des quartiers de "migrants" ?
Comment les migrants s'installent-ils dans les villes post-soviétiques ?
Je présenterai les résultats de mes recherches menées dans les villes de Moscou et de Sibérie.

Date: jeudi 10 décembre 2020
Lieu : Echelle Inconnue à 19h
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